Les filières industrielles stratégiques à suivre
━ Les filières qui redessinent le paysage industriel
Semi-conducteurs, batteries, hydrogène, nucléaire, métaux critiques… Derrière ces termes parfois techniques se jouent aujourd’hui des questions très concrètes : où produire, avec quelles technologies, à partir de quelles ressources et avec quelles compétences ?
Transition énergétique, développement de l’intelligence artificielle, électrification ou encore recherche d’une plus grande indépendance industrielle poussent certaines filières au premier plan.
En France, le Conseil national de l’industrie compte aujourd’hui 20 comités stratégiques de filière, tandis que France 2030 mobilise 54 milliards d’euros pour accompagner l’innovation et l’industrialisation dans plusieurs secteurs considérés comme essentiels pour l’avenir.
Source : Direction générale des entreprises
Alors, quelles sont les filières industrielles particulièrement intéressantes à suivre aujourd’hui ?
Ils sont minuscules mais présents partout, les semi-conducteurs sont devenus indispensables au fonctionnement des voitures, smartphones, équipements industriels, centres de données ou encore des systèmes d’intelligence artificielle.
Leur production représente aujourd’hui un enjeu industriel et technologique majeur. En juillet 2026, la France a ainsi lancé, dans le cadre de France 2030, un nouvel appel à projets consacré aux technologies avancées du semi-conducteur. L’objectif : soutenir la recherche, les premiers déploiements industriels et la fabrication de composants stratégiques.
Au-delà de la puce elle-même, l’enjeu est de mieux maîtriser toute la chaîne de valeur, de la conception à la production et à l’intégration des composants électroniques.
Source : Ministère des Finances
L’électrification transforme de nombreuses filières industrielles. Batteries, éolien, solaire et pompes à chaleur font aujourd’hui partie des quatre filières stratégiques soutenues par le crédit d’impôt pour l’industrie verte.
Sa prolongation en août 2026 doit soutenir une quarantaine de projets supplémentaires d’ici 2030, soit environ 8 milliards d’euros d’investissements industriels.
L’enjeu est donc aussi de fabriquer en France les équipements nécessaires à la transition énergétique : composants, matières, lignes automatisées, contrôle qualité et maintenance.
Source : economie.gouv
Autre filière particulièrement observée : l’hydrogène, envisagé pour certains usages industriels difficiles à électrifier, les mobilités lourdes et les carburants de synthèse.
La stratégie française, actualisée en 2025, comptait déjà plus de 150 projets soutenus par l’État, avec un objectif allant jusqu’à 4,5 GW de capacité d’électrolyse en 2030, puis 8 GW en 2035.
La filière doit encore relever plusieurs défis : coûts, infrastructures, accès à une électricité bas-carbone et maîtrise des technologies.
L’hydrogène illustre ainsi une réalité industrielle : entre l’innovation et son déploiement à grande échelle, tout un écosystème reste à construire.
Source : economie.gouv
Le nucléaire connaît lui aussi une nouvelle phase industrielle. La filière française rassemble environ 1 800 entreprises, dont plus de 80 % de TPE et PME, et représente près de 250 000 emplois directs et indirects.
Son activité va bien au-delà de l’exploitation des centrales existantes : construction des EPR2, maintenance du parc, traitement des combustibles, démantèlement ou encore développement de réacteurs innovants mobilisent de nombreux savoir-faire.
L’un des principaux enjeux est donc de maintenir et développer les compétences nécessaires pour mener plusieurs projets industriels de long terme : ingénierie, soudage, usinage, contrôle, maintenance ou gestion de projet.
Source : Direction générale des entreprises
Certaines filières commencent bien avant l’usine. Pour produire des moteurs électriques, des éoliennes ou certains composants électroniques, il faut d’abord sécuriser l’accès aux matières premières.
C’est notamment le cas des terres rares, utilisées pour leurs propriétés magnétiques et électroniques. En mai 2026, la France a lancé un plan national de résilience pour renforcer les approvisionnements et reconstruire progressivement une chaîne de valeur industrielle sur le territoire.
L’enjeu concerne donc toute la chaîne en amont : matières premières, transformation, recyclage et approvisionnement, indispensables pour produire davantage en France et en Europe.
Source : Direction générale des entreprises
Semi-conducteurs, batteries, hydrogène, nucléaire ou matériaux critiques répondent à des enjeux différents, mais partagent de nombreux défis.
Toutes doivent sécuriser leurs approvisionnements, développer leurs technologies, moderniser leurs équipements et disposer des compétences nécessaires pour produire à grande échelle.
L’industrie de demain ne repose donc pas seulement sur de nouvelles usines, mais sur des chaînes de valeur solides, des savoir-faire et des capacités de production durables.
Ces filières permettent ainsi de mieux comprendre les grandes transformations industrielles à venir.